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Le Groupe LE GOUESSANT

Frédéric Trécherel : dresseur de fauves


Il élève des fauves bien de chez nous : des griffons fauves de Bretagne. Frédéric Trécherel, éleveur de poules pondeuses à Maroué (22), perpétue une tradition séculaire qui a du chien : la chasse au sanglier avec une meute ardente au grand cœur.

Caporal, Aïta, Bohême, Copélia… Tous des « enfants » de l’élevage du Chemin de l’Épine, issus de générations de champions. Beauté, travail : les griffons fauves de Bretagne de Frédéric Trécherel, et avant eux ceux de son père, ont raflé les plus hautes distinctions nationales décernées en concours. « Il faut voir leur courage et leur mordant sur le terrain pour comprendre. Les griffons fauves ont contribué à chasser le loup de nos contrées au cours des XVIIIème et XIXème siècles », raconte l’éleveur. Pourtant, cette race rustique locale, qu’affectionnait particulièrement Anne de Bretagne, a bien failli disparaître. Seule la ténacité de quelques passionnés a permis de la sauvegarder. « Nous sommes actuellement 700 éleveurs amateurs en France, dont un quart en Bretagne. »

Un chasseur sans fusil

Avec ses 15 chiens adultes, Frédéric partage une passion dévorante. « La chasse ne consiste pas à tuer du gros gibier pour l’exhiber comme un trophée. J’ai une éthique très particulière que je mets continuellement en pratique avec mes chiens. Il faut avant tout respecter le fragile équilibre agriculture-forêt-faune-chasse en veillant à maintenir des populations d’animaux sauvages suffisantes, sans surpopulation. Une chasse réussie, c’est pour moi la symbiose totale avec la nature, une belle menée, des chiens bien groupés qui composent une fanfare exceptionnelle pour donner à entendre et à voir un incroyable spectacle aux chasseurs postés. » D’ailleurs, la plupart du temps, Frédéric part à la chasse sans fusil ! « J’ai juste un couteau au cas où… » Avec sa meute, il conduit la levée, courant inlassablement derrière ses chiens de taillis, en landes et en fourrés. « Certaines semaines, je parcours plus de 100 kilomètres derrière eux à pister les sangliers », raconte ce sportif affuté qui, pour préparer la prochaine saison de chasse, participe notamment cette année au marathon de Paris.

Un éleveur épanoui

Grâce à ses chiens, Frédéric s’est ouvert « un monde de relations en France, mais aussi à l’étranger, notamment en Belgique et en Espagne, où les griffons du Chemin de l’Épine sont particulièrement prisés par les chasseurs ». Frédéric a des clients en liste d’attente, désireux de devenir les heureux propriétaires de l’un des produits d’exception de son élevage. « Ce n’est pas une activité lucrative », précise l’éleveur, qui éduque et prodigue les soins quotidiens au bien-être de ses chiens, au minimum une heure par jour. « La vente de quelques chiots me permet juste d’amortir les frais d’entretien et de fonctionnement de l’élevage. »
Son revenu, il le tire de son atelier de 15 200 poules pondeuses au sol. « J’ai souhaité conserver une exploitation de taille modeste pour pouvoir vivre ma passion au contact de la nature et profiter de la vie familiale. »
Marié à la femme qu’il aime, ce papa de trois enfants avoue « être totalement épanoui. » À 38 ans, il profite pleinement de la vie qu’il a choisie. Ses fidèles compagnons griffons y sont pour beaucoup. Ces chiens courants, aussi courageux qu’attachants, ne laissent personne indifférent. La preuve : ils sont même les meilleurs amis des stars. Christophe Dechavanne, le bouillant animateur télé, s’était entiché il y a quelques années de Galopin, un basset fauve de Bretagne. Et, devinez d’où il venait ? Du Chemin de l’Épine… Évidemment.

Edith Llistosella

Frédéric Trécherel avec Bohême et Caporal, le leader de la troupe.

Frédéric Trécherel avec Bohême et Caporal, le leader de la troupe.

Les griffons fauves de Bretagne convertis en chiens de traineau.

Les griffons fauves de Bretagne convertis en chiens de traineau.


Mis à jour le 22/04/2011