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SPECIALISTE DE LA NUTRITION ANIMALE

"La sécurité alimentaire commence
avec celle de nos élevages"
Groupe Le Gouessant : Spécialiste de la nutrition animale

Restructuration complète d’un élevage familial

 
Doubler l'effectif de 90 à 180 truies 

« Nous ne cherchons pas à faire fortune,
mais seulement à vivre honorablement de notre métier.
»

Fort de ce constat, un jeune éleveur morbihannais, Emmanuel Barre (27 ans), associé avec sa mère sur l’exploitation familiale (Earl Barre à Guer), a décidé de prendre les choses en main en procédant à une restructuration complète de son élevage porcin et en doublant son effectif de 90 à 180 truies.
 

Emmanuel connaît bien la production porcine pour avoir été salarié et effectué des remplacements pendant cinq années. Il reconnaît aussi qu’il faut du courage et de la motivation pour affronter les années qui viennent tant les enjeux techniques et économiques sont importants dans ce challenge. Une opération d’envergure conduite sur deux niveaux depuis six mois.
En premier lieu, un site d’engraissement de 1 500 places à 500 mètres de l’atelier naissage a été créé en équipement soupe et pré-soupe pour le système d’alimentation, avec la réalisation d’un silo couloir pour le stockage de 500 tonnes de maïs en grains humides. Parallèlement, le site naisseur-engraisseur initial a été restructuré en naissage et post-sevrage avec la transformation de deux anciens engraissements en gestantes « Bien-être ».

 

Un investissement de 500 000 euros

Séduits par l’initiative et l’audace de leur collègue délégué Porc pour la région de Guer au sein du CDJA 56, les Jeunes Agriculteurs morbihannais, accompagnés de Jérôme Couédic, Frédéric Daniel et Simon Le Badézet, les représentants Porc de la Chambre d’Agriculture se sont rendus chez «Manu», le 9 février dernier, pour visiter les travaux réalisés en bien-être et le nouveau site d’engraissement.
Devant une quarantaine de jeunes agriculteurs, en présence des représentants du service Porc du Gouessant ayant conseillé et accompagné les différents stades de restructuration de l’élevage, Emmanuel Barre s’est livré à quelques confidences avant de se prêter de bonne grâce au jeu des questions-réponses. Il a surtout expliqué les raisons de ses choix, tant dans la nouvelle conduite d’élevage que sur le type de bâtiment et matériaux. Etaient également présents à cette visite son groupement, son banquier, les constructeurs et installateurs d’équipements. Cette visite matinale s’est clôturée par un pot de l’amitié servi par les jeunes agriculteurs en compagnie de la famille d’Emmanuel.
Pour la quasi-totalité des quarante jeunes, la grande surprise reste le bâtiment d’engraissement.
Pour Jacky Lohézic : « ils ont été véritablement admiratifs du travail accompli et de l’implication d’Emmanuel dans la concrétisation du projet durant plus de six mois. »
A lui seul, le site d’engraissement (non compris la restructuration de l’atelier naissage et post-sevrage) représente un investissement de 500 000 euros. Ce montant englobe la construction des 1 500 places d’engraissement, la réalisation du silo à maïs humide, l’installation de quatre silos pour les aliments ou complémentaires et une fosse de 1 000 m3 pour le stockage des intrants.
Mettant à profit cette visite, et la présence sur le site de différents intervenants de la filière porcine, les jeunes agriculteurs avaient décidé de prolonger cette journée par une rencontre. Yannick Ramonet, ingénieur à la Chambre d’Agriculture de Bretagne, a évoqué les enjeux qui attendent les jeunes dans le métier d’éleveur de demain, avec les nouveaux modèles d’agriculture qui se profilent, en faisant ressortir l’aspect humain et sociétal dans les futures installations.
Etait également convié, Francis Février, responsable du marché de l’agriculture au Crédit Agricole. Il a évoqué l’importance de l’implication de la banque dans l’accompagnement des financements des installations des jeunes agriculteurs entreprenants, concluant sur une note d’espoir pour 2010 « prévue meilleure que 2009 ».
Conscients de la nécessité de faire évoluer les choses rapidement, les jeunes agriculteurs souhaitent toutefois que les dossiers soient instruits plus rapidement qu’ils ne le sont actuellement au niveau des administrations. Que tout agriculteur qui souhaite s’installer ou restructurer son élevage ne soit plus soumis à ce qui tient davantage du parcours du combattant que de la simple démarche administrative. 


Témoignage d’Emmanuel Barre

« Maintenant, je veux travailler pour moi.»

Le Gouessant : Quelles sont les motivations de votre installation ?

Emmanuel Barre : Mes parents sont éleveurs de porcs et j’ai toujours souhaité prendre leur suite. J’ai été salarié quelques années, pendant lesquelles j’ai beaucoup appris. Maintenant, je veux travailler pour moi.

Comment s’est déroulée votre installation ?

Le projet a pris quatre ans. Pour développer l’élevage, il me fallait le droit à une production d’azote supplémentaire. Avec l’aide du service Environnement du Gouessant, nous avons fait une demande pour bénéficier de la réserve d’azote cantonale dans le cadre de mon installation et celle-ci a été acceptée. Nous avons ensuite réfléchi à la conception du bâtiment. Le projet a suivi son cours et l’enquête publique s’est bien passée.

Qu’est ce qui a aidé au bon déroulement de l’enquête publique ?

Depuis plusieurs années, nous faisons très attention au lien que nous avons avec nos voisins. Nous les avertissons lorsque nous épandons le lisier pour qu’ils n’étendent pas leur linge. Nous désodorisons et enfouissons le lisier aussitôt après. Quand nous discutons avec les gens et que nous essayons de faire les choses bien, cela porte ses fruits.

Pourquoi passer de la conduite 7 bandes à la conduite 5 bandes ?

Mon objectif est de valoriser les places de maternité existantes, c’est la partie la plus importante en termes d’investissement. De plus, cette conduite me permet de mieux concentrer mon temps de travail sur 15 jours et d’avoir 15 autres jours moins denses pour d’autres activités.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes en projet d’installation ?

Le plus important est de savoir ce que l’on veut faire de l’élevage que l’on reprend. Y aura-t-il une restructuration des bâtiments, la mise aux normes Bien-être ? Tout ceci conditionne le montant de la reprise et son financement. Il est aussi indispensable de démarrer avec une structure cohérente qui apporte de bonnes conditions de travail. Il est plus facile de tout faire dès le départ que de demander de nouveaux financements deux ou trois ans après pour apporter du confort et de la praticité. Enfin, il est indispensable d’avoir travaillé à l’extérieur avant. Ceci permet de voir ce qui se fait, de prendre des idées et aussi de forger son caractère et de se remettre en question.

 

Trajectoire de l’exploitation


Avant projet

 

90 truies

 

Conduite 7 bandes

1 site d’exploitation

 

Sevrage 28 jours

 

Truies bloquées

 

Alimentation des charcutiers à sec en aliment complet

 

Après projet

 

180 truies

 

Conduite 5 bandes

2 sites d’exploitation

 

Sevrage 21 jours

 

Truies en groupe

 

A soupe
En base maïs avec pré-soupe

 

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Mis à jour le 20/04/2010