SPECIALISTE DE LA NUTRITION ANIMALE
"La sécurité alimentaire commence
182 000 pondeuses sur 4 400 m2 : pour préserver leur métier, Sophie et Stéphane Guervilly ont investi 2,7 millions d'euros dans la construction de deux nouveaux bâtiments.
Éleveur de poules pondeuses, installé à Goudelin entre Lanvollon et Guingamp depuis 1990, d’abord en Earl avec sa mère, puis seul de 1994 à 2003, Stéphane Guervilly exploite, depuis cette date et avec son épouse Sophie, quatre bâtiments d’une capacité totale de 182 000 pondeuses. Après une première rénovation de ces bâtiments dans les années quatre-vingt-dix, le couple doit faire face, dès 2003, à une première phase de mise aux normes, ramenant le nombre de pondeuses de 182 000 à 150 000.
Très vite convaincus que la gestion de quatre bâtiments, comme c’est le cas jusqu’à présent, n’est plus possible, même avec deux salariés à plein-temps, Sophie et Stéphane Guervilly optent pour la solution la plus audacieuse : la construction de deux nouveaux bâtiments d’une capacité de 91 000 poules chacun.
Nettement plus spacieuses, les cages permettent désormais aux poules de se déplacer librement d’un élément à l’autre pour s’abreuver, manger, gratter. Elles sont également équipées de perchoir et de limes à ongles. Sans oublier les zones d’intimité (eh, oui !) pour faciliter et respecter la ponte. « Si les poules dans leur comportement primaire avaient aimé barboter dans l’eau, plaisante Joël Rouault, sans doute aurions nous dû aménager des piscines dans ces nouvelles cages. »
« Financièrement, reconnaît Sophie Guervilly, c’est une opération très couteuse, mais nous n’avions pas le choix. Pour continuer dans le métier, il fallait se mettre aux normes et donc investir.
« Pour les deux bâtiments, confie Stéphane Guervilly, l’investissement global s’é-lève à 2,7 millions d’euros, amortissable sur 12 ans pour les cages et sur 15 ans pour la coque. » Un engagement conséquent et courageux pour la famille Guervilly qui a connu quelques jours et nuits difficiles avant de voir aboutir ce projet mûri durant neuf mois, et qui en a nécessité douze de plus pour les démarches administratives. « C’est vrai que ça a un peu traîné dans les bureaux au départ, mais les services de la DSV nous ont rassurés en traitant plus rapidement notre dossier. Dans l’ensemble d’ailleurs, je ne me plains pas. Je reconnais même que ca s’est plutôt bien passé », admet Stéphane Guervilly.
Depuis trois ans le couple avait arrêté le calibrage à la ferme au profit du conditionnement en œufs tout-venant. « Le coût supplémentaire engendré par la traçabilité, des soucis de main-d’œuvre et la nécessité d’une mise aux normes sanitaires m’ont donné à réfléchir et m’ont incité à m’orienter vers le tout-venant. Un choix d’autant plus pertinent, semble-t-il, que le marché s’oriente vers ce schéma et qu’il y a aujourd’hui une forte demande d’œufs tout-venant. Jusqu’à présent, nous produisions 45 millions d’œufs par an. Avec ce nouvel outil, nous devrions rapidement atteindre les 55 millions. »
Sur le plan sanitaire, l’élevage fonctionne en bande unique avec un seul âge de poule. Ce qui permet un vide sanitaire intégral chaque année. En terme de traçabilité, aucune crainte non plus. L’élevage répond tout à la fois aux exigences du marché et à la demande du consommateur. « Si crainte il doit y avoir, confie Sophie Guervilly, c’est plutôt côté financier qu’il faut regarder, car l’investissement est lourd, bien que parfaitement mesuré. Au niveau travail et résultats techniques en revanche, c’est un plus. Je crois même que nous pouvons également parler de « Bien-Être » pour nous et que nous en ressortirons très vite quelque chose de positif. »
En savoir plus