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SPECIALISTE DE LA NUTRITION ANIMALE

"La sécurité alimentaire commence
avec celle de nos élevages"
Groupe Le Gouessant : Spécialiste de la nutrition animale

Brigitte et René Legendre, éleveurs de vaches et porcs bio



Oser la conversion

 «Nous sommes sur une exploitation économiquement rentable,
voire très rentable. Nous vivons correctement de notre métier.
»
 

René Legendre était agriculteur en conventionnel de 1979 à 2001. Il est installé à Guémené-Penfao, en Loire-Atlantique, où il élève un troupeau de Limousines pour la viande et la vente en reproduction. Un atelier porcs à l’engraissement est aussi en place. Quand René décide de se lancer dans la bio, en 2001, Brigitte, son épouse, qui tenait un commerce, décide de le rejoindre sur l’exploitation et démarre la vente directe de leurs produits à la ferme.

Le Gouessant : Pourquoi avoir choisi la bio ?
Brigitte et René Legendre : Par philosophie. Nous sommes attentifs au respect de l’eau et de l’air, et nous pensons à l’avenir de nos jeunes. Nous avons décidé d’agir en fonction de nos idées et, par conséquent, de ne pas utiliser de pesticides ni d’intrants d’aucune sorte. La bio nous correspond tout à fait pour nous différencier du produit standard. La démarche est intéressante pour commercialiser nos produits directement à la ferme.

La décision était-elle viable ?
Nous sommes sur une exploitation qui fait du volume, économiquement rentable, voire très rentable. Nous vivons correctement de notre métier. Quand nous analysons nos résultats avec le comptable, nous sommes toujours parmi les 25 % meilleurs, conventionnels inclus. C’est rassurant pour les jeunes qui veulent s’installer en bio.

La conversion a-t-elle entraîné beaucoup de changements ?
Ça nous a été très facile de nous adapter au cahier des charges bio, car nous avions déjà un système extensif, avec peu de traitements. Cependant, nos manières de travailler ont évolué, car il faut être plus pointilleux, plus technique, plus vigilant dans les pratiques agricoles. Il faut intervenir au bon moment et surtout ne pas remettre au lendemain. Normalement, un bon conventionnel s’adapte au bio. Un mauvais aura plus de mal. Si on n’est pas bon techniquement, c’est une mauvaise réflexion de penser que la bio peut-être une porte de sortie.

Vendez-vous tous vos produits en direct ?
Nous commercialisons une partie en vente directe. Une autre part en filière longue bio. Les broutards (mâles) sont vendus pour la plupart à des engraisseurs de taurillons, le reste est gardé pour faire des bœufs. Par ailleurs, notre élevage ayant plus de 25 ans de sélection, nous avons un débouché pour la vente en reproduction. (Ndlr : Un travail régulièrement couronné de succès, comme en septembre dernier, avec le 1er prix du concours départemental des vaches suitées.)

Vos prix de vente au consommateur sont à peine plus élevés que ceux des produits conventionnels ? Est-ce une stratégie ?
Si nous voulons encourager les gens à consommer bio, il faut trouver un équilibre. Nous, nous vendons nos produits un peu plus chers qu’en passant par l’abattoir et le consommateur les paie moins chers que chez le boucher. Chacun s’y retrouve. Le coût de production est bien maîtrisé. D’une part, la surface de notre exploitation nous permet d’être autonomes dans l’alimentation du troupeau. Nous achetons uniquement cinq tonnes par an de luzerne auprès de l’Ufab. D’autre part, le niveau de génétique acquis et la finition des animaux nous permettent d’avoir des bêtes lourdes à l’abattage. Notre moyenne en poids de carcasse en 2007 a été de 467 kg, quand celle du département était à 380.

Quelle satisfaction retirez-vous d’être des éleveurs bio ?
La finalité de notre travail est de vendre notre produit au consommateur qui nous transmet, en échange, sa satisfaction. C’est valorisant de recevoir les félicitations de nos clients. Nous sentons une reconnaissance par rapport à ce que nous faisons. Même les jeunes, nos enfants, sont fiers que nous ayons franchi ce pas.  


L’exploitation de René et Brigitte Legendre

  • 2 UTH*. 
  • 150 hectares SAU : 110 hectares en herbe : graminées (dactyle, fétuque, ray-grass anglais mélangé avec trèfle violet blanc, luzerne). 25 hectares sont en mélange céréalier (triticale, avoine, orge, pois et féveroles) et 15 hectares en maïs pour ensilage ou grains réservés à la consommation des animaux.
  • 100 vaches Limousine allaitantes et la suite pour un équivalent de 250 animaux.
  •  Un atelier de 230 porcs bio à l’engraissement sur paille en bande unique (presque 3 bandes à l’année).
*UTH : un chef d’exploitation, conjoint ou associé est compté pour 1 UTH s’il travaille à temps complet sur l’exploitation.

Pour tout renseignement sur la vente directe de viande de bœuf et de veau race Limousine :
Tél./Fax : 02-40-87-22-34 - Port. : 06-87-24-83-43 - Courriel : lagendre.rene@wanadoo.fr

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Mis à jour le 15/05/2009