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SPECIALISTE DE LA NUTRITION ANIMALE

"La sécurité alimentaire commence
avec celle de nos élevages"
Groupe Le Gouessant : Spécialiste de la nutrition animale

Michael Böhm, d’Inter Bio Bretagne

 

«Un producteur bio trouvera partout en Bretagne des organisations qui lui assureront un débouché.»

 

En Bretagne, la filière Bio est plutôt bien organisée au niveau des structures professionnelles et bien accompagnée, via des organisations comme celle d’Inter Bio Bretagne. Un producteur qui voudrait s’installer ou se convertir en bio aujourd’hui prendrait peu de risques. Michael Böhm, coordinateur filières bio et chargé de la règlementation, apporte quelques précisions.

Le Gouessant : Comment se porte le marché du Bio en France ?
Michaël Böhm : De manière générale, le chiffre d’affaires du marché bio, en France, augmente chaque année de 10 %, soit trois fois plus rapidement que celui du marché conventionnel (3,4 %). La progression existe, aujourd’hui, dans toutes les filières. Les achats sont réalisés pour 40 % dans les GMS (grandes et moyennes surfaces), principalement pour des produits comme le lait et les œufs, pour 40 % dans les magasins spécialisés (comme les Biocoop), et pour 20 % sur les marchés ou en vente à la ferme, notamment pour les fruits, les légumes ou la viande. Les parts de marché de ces circuits peuvent varier selon la filière ou le secteur géographique. Mais globalement, tous les points de vente sont employés, permettant ainsi au producteur de choisir son type de commercialisation. 

La filière est-elle bien organisée en Bretagne ?
En Bretagne, il y a des filières de production organisées, rattachées ou pas à des structures conventionnelles. La structuration est très dense. Par exemple, nous avons partout des silos à proximité des exploitations pour le stockage des céréales. Un producteur de lait n’aura aucun souci pour que son lait soit collecté, ce qui n’est pas le cas dans toutes les régions de France. Sur les 18 outils de transformation et de collecte de lait bio en Bretagne, 10 laiteries collectent du lait bio. Pour les légumes, plus de 70 % des producteurs font partie d’un groupement. 

Les débouchés sont donc bien assurés ?
Il est très important au démarrage d’une filière bio d’avoir des outils structurés à proximité. Un producteur qui se lancerait dans la bio, quelle que soit sa production (cochon, bœuf, légumes, céréales), hormis peut-être en volailles chair, trouvera partout en Bretagne des organisations qui lui assureront un débouché. Toute la panoplie est bien représentée. 30 % des outils de transformation en Bretagne sont spécialisés bio, 30 % avec une dominante conventionnelle, et 30 % sont moitié, moitié.

Est-ce que le coût de la certification AB peut-être un frein à produire bio ?
Le logo AB a une forte valeur. Certains l’ont à un moment abandonné, puis y sont revenus, car c’est le label de référence en la matière. Ce logo est désormais ancré dans l’esprit des Français. Ramené à l’année, le coût de la certification n’est pas élevé. Le plus bas se situe autour de 300 euros pour les producteurs les plus facilement contrôlables. En 2007, le coût moyen de certification payé par les producteurs bretons était de 470 euros. Il est lié au type et à la taille de l’exploitation. Plus on produit, plus on a de surfaces et de bâtiments, plus il est élevé. Par contre, pour les transformateurs, les coûts peuvent varier assez fortement, encore qu’il existe des aménagements, comme, par exemple, pour un boulanger qui ne voudrait commercialiser qu’une partie de son pain en bio. 

Comment allez-vous gérer l’obligation de fournir 20 % des repas en bio dans les cantines ? C’est un grand défi. Il va falloir trouver des producteurs et de la matière première le plus près possible, ou, sinon, là où elle se trouve, dans une autre région ou à l’étranger, en attendant qu’il y en ait plus en Bretagne. L’objectif étant d’approvisionner les points de restauration le plus localement possible. 

Le coût des produits ne risque-t-il pas de freiner les bonnes intentions, comme il le fait parfois auprès des autres consommateurs ?
Pour manger des fruits et légumes bio à un prix raisonnable, le consommateur doit adopter le même comportement que le producteur, c’est-à-dire choisir en fonction de la saison. Il peut y avoir une année de très bonne récolte, comme une mauvaise année qui fait diminuer ou augmenter les prix. Pour les cantines, il ne faut pas avoir l’exigence d’introduire un repas 100 % bio. Bien au contraire, plusieurs formules sont possibles. Il peut être plus simple de proposer une offre bio tous les jours, régulièrement ou de temps en temps. De manière générale, l’intégration régulière d’ingrédients ou produits bio, comme la viande, le pain, les fruits ou les produits laitiers… figure parmi les options les plus faciles à mettre en œuvre, tant du côté des professionnels de la filière bio : planification de la production, régularité des commandes…, que du côté des acteurs de la restauration collective : réduction des coûts, facilité de mise en œuvre, test de certains ingrédients, tant du côté des cuisiniers que des convives…

Pour en savoir plus : http://www.interbiobretagne.asso.fr/

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Mis à jour le 29/04/2009