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SPECIALISTE DE LA NUTRITION ANIMALE

"La sécurité alimentaire commence
avec celle de nos élevages"
Groupe Le Gouessant : Spécialiste de la nutrition animale

Clubs Matières Premières : une aide à la décision

Il y a un an Agrifa, filiale du Gouessant, lançait ses premiers «Clubs achat matières premières». L’objectif étant de donner aux éleveurs les moyens d’adapter leurs stratégies d’achats au contexte nouveau qui fait leur quotidien. En effet, la volatilité observée au cours des deux dernières années sur les prix des matières premières agricoles marque une rupture dans les habitudes. 

Les clubs « achat matières premières » Agrifa, c’est :

  • un accompagnement dans la lecture et la compréhension des indicateurs de marché,
  • cinq demi-journées de formation par an animées par un professionnel des marchés et validées par des exercices pratiques,
  • un point marché à l’occasion de chaque rencontre,
  • de l’information en continu avec un rapport de marché quotidien, une liste des prix de marchés journaliers, une analyse graphique hebdomadaire pour estimer une tendance à court et moyen terme, une analyse fondamentale hebdomadaire : avec l’avis d’un expert, des alertes marchés en cas de nouvelles importantes, une analyse fondamentale mensuelle avec information et analyse de marchés. 

Les dernières formations ont eu lieu les 3 et 4 juin derniers et la première session de la deuxième année « Club matières premières » débutera à partir de septembre 2009.

À ce jour un club de 20 éleveurs (fafeurs et non fafeurs) est constitué. Parmi eux, Christian Colas qui témoigne de l’intérêt à assister aux journées de formations organisées par Agrifa, filiale du Gouessant pour les éleveurs fabricants à la ferme.
 

Christian Colas, fabricant à la ferme, acteur dans ses coûts d’aliments

 
"Ne pas subir les fluctuations des cours des céréales"


 

Eleveur de porcs et de bovins, en Gaec avec son frère et deux salariés, Christian Colas adhère, depuis sa création, au Club Matières Premières d’Agrifa.

 

Rédacteur Gouessant : Comment avez-vous été sensibilisé à la réflexion sur les cours des matières premières ?
Christian Colas :
Il y a dix ans, lors d’un voyage d’étude aux USA et en visitant le CBOT (Chicago Board Of Trade, marché américain de la céréale), l’idée de ne plus être tributaire des importantes fluctuations des cours des matières premières pour fabriquer l’aliment m’a effleuré. C’était au début de la collecte et nous étions dans un marché baissier. Un intervenant nous avait demandé si nous avions vendu notre blé ? Nous avions répondu que non, que nous le ferions lors de la récolte au prix fixé le jour de sa livraison. Il nous avait alors demandé si nous spéculions à la hausse ? C’est à ces paroles que j’ai réagi, me rendant compte que j’étais passif par rapport à l’évolution des cours et au choix du prix. C’est l’électrochoc qui m’a poussé à me former.

Pourquoi avez-vous adhéré au Club Matières Premières ?
J’avais déjà assisté à des formations sur le Marché à terme, il y a 4 ans, avec un autre organisme. En m’inscrivant aux journées d’Agrifa, je souhaitais reprendre la main sur la gestion des coûts pour ne pas subir les fluctuations de prix.

Que pensez-vous de l’évolution du cours des matières premières ?
En même pas 18 mois, nous avons été échaudés deux fois. En septembre 2007, lorsque le blé a grimpé jusqu’à 300 euros/tonne. Nous n’avons pas trop subi, car nous avions collecté à un prix raisonnable pour le blé. J’avais acheté à la collecte en juillet-août. Le prix n’avait pas encore flambé au maxi, mais l’a fait en novembre-décembre. Nous avons donc sérieusement limité la casse et ça s’est joué à deux mois près. Par contre, pour le maïs, nous avons subi la hausse et notre coût d’aliment a sérieusement explosé. 

Pourquoi n’avez-vous pas vendu ?
Je n’ai jamais osé vendre ma récolte, car je me positionne comme acheteur et non comme vendeur. Je ne suis pas un bon spéculateur. Certains collecteurs nous proposaient, en août dernier, 180 euros la tonne de blé. J’aurai dû vendre ma production puisque, aujourd’hui*, elle se situe autour de 130.
Toutes ces fluctuations sont un fait nouveau pour moi. Avant, quand je collectais en juillet-août, le stockage était intéressant, car les prix montaient régulièrement. Mais depuis deux ans, ça va dans tous les sens.

Et vous vous y retrouvez dans ces fluctuations ?
C’est pour cela que j’essaie d’étudier les mécanismes qui me permettront de mieux anticiper. En tant que fafeur, je suis un peu familiarisé au système du marché à terme, puisque j’effectue depuis longtemps des achats à terme de soja. Mais, ils se soldent toujours par une livraison de la marchandise. Ces contrats nous préservent des fluctuations importantes des prix. Ce qui est nouveau avec le MATIF, c’est que ce sont des marchés à terme de papiers uniquement. C’est là où ça devient plus abstrait dans mon esprit.
J’éprouve des difficultés à accepter que je puisse être livré sans avoir placé mon prix. Je suis facturé d’un acompte, mais le prix réel pourrait m’être facturé que huit mois après. Je m’engage sur une quantité, mais pas sur le prix.

Et comment faites-vous pour contourner ces difficultés ?
En participant aux journées du Club Matières Premières et en passant des contrats avec Agrifa qui est là pour nous aider à prendre la bonne décision. Mais je ne suis pas encore rentré dans la mécanique. Pour l’instant, j’étudie l’analyse des marchés, des variations… je commence à avoir quelques repères. Mais ça reste une activité annexe. Je suis avant tout un cultivateur et un éleveur et pas un trader. Il y en a qui font des années d’études sur le sujet pour se planter parfois. Nous ne sommes donc pas à l’abri.
Nous ne cherchons pas à être les meilleurs, mais à être dans la moyenne. C’est-à-dire, ne pas acheter le blé quand il est à 300 euros et ne pas avoir stocké à 200 euros quand le marché est passé à 100. 

Depuis que vous participez à ces journées, avez-vous modifié vos comportements d’achats ?
Il y a effectivement une corrélation entre nos prises de décisions et les analyses et formations que nous recevons. Je prends le temps de me familiariser avec la mécanique. Pour la récolte prochaine, je pense faire des contrats Matif avec Agrifa, sur des quantités raisonnables pour commencer.

Qu’attendez-vous d’un prestataire comme Agrifa ?
Qu’il intervienne à ma place sur le Matif. Intervenir seul coûte extrêmement cher. Travailler avec un prestataire simplifie tout par rapport aux ouvertures de compte, aux garanties, aux cautions… C’est un frein en moins pour se décider à entrer dans le système. 

Combien de temps consacrez-vous à l’analyse des marchés ?
Entre la lecture des documents d’Agrifa que je relis régulièrement et la recherche sur Internet, j’y passe environ deux heures par semaine. 

Seriez-vous prêt à aller jusqu’à une délégation de vos achats ?
Cela ne m’attire pas trop, même si c’est plus confortable et moins stressant. Etre fafeur, c’est être acteur de l’évolution de son prix d’aliment. C’est aussi ce qui rend notre activité plus passionnante.  

*Entretien réalisé le 20 avril 2009

 

 


Mis à jour le 06/09/2009