SPECIALISTE DE LA NUTRITION ANIMALE
"La sécurité alimentaire commence
La charte « Jardiner au naturel, ça coule de source ! » a été créée dans le cadre du programme « eau et pesticides : effets sur la santé et l’environnement ». Elle a pour but de sensibiliser le public aux risques des pesticides pour la santé et l’environnement et de faire évoluer les pratiques des utilisateurs non agricoles. Elle a été mise en place pour répondre aux lacunes des jardineries à proposer un conseil client adapté au jardinage au naturel et donc de faire baisser la vente des pesticides, en augmentant, en contrepartie, la vente de produits alternatifs. Cette action est basée sur la formation des vendeurs et la mise en avant des solutions de jardinage au naturel.
Cette charte s’est régionalisée progressivement depuis 2007. La charte de Saint-Brieuc concerne les bassins versants du Gouët, l’Anse d’Yffiniac, du Gouessant et de la Flora, l’Islet et les côtiers, soit 58 communes. Sur ces secteurs, 21 jardineries ou LISA (Libre-service agricole ou vente aux particuliers) ont signé la charte, dont trois magasins du Gouessant : Yffiniac, Trédaniel et Quintin. Ils devraient être rejoints par celui de Quessoy. Aujourd’hui, 13 territoires sont signataires et regroupent 187 jardineries.
Cette charte est basée sur des engagements de chacun des partenaires. Pour garantir la légitimité de la charte, tous sont évalués chaque année. Christophe Lefeuvre, conseiller-vendeur, est chargé de la mise en place de cette charte dans le magasin d’Yffiniac. Il nous fait part de son témoignage.
Le Gouessant : En tant que professionnel de l’agriculture, qu’en pensez-vous ?
Christophe Lefeuvre : Les agriculteurs vont devoir diminuer de 50 % l’utilisation des produits phytosanitaires d’ici 2018. Depuis longtemps, ils font de plus en plus attention. Malgré cela, ils sont encore critiqués par les particuliers alors que ces derniers, dans une large proportion, continuent d’appliquer des produits phytosanitaires et, souvent, sans bien doser. Les plus grosses concentrations en glyphosate se retrouvent en juin. Or, à cette période, ce ne sont pas les agriculteurs qui traitent. Il est évident que ce sont les jardiniers amateurs et plus généralement ceux des résidences secondaires. Même si les quantités utilisées par individu sont plus restreintes, multipliées par le nombre, elles sont très importantes et ont des incidences sur la qualité des eaux. Il est donc normal de les sensibiliser sur les risques d’utilisation de ces produits car ils ont, eux aussi, des efforts à faire pour contribuer à la préservation de l’environnement et pour contrôler l’impact sur leur santé. Notre objectif, en adhérant à cette charte, est de les sensibiliser aux solutions alternatives. Cela ne nous pose aucun problème de les conseiller dans le même sens que les agriculteurs.
Que conseilleriez-vous à une personne qui voudrait désherber sa cour ?
D’abord, je lui rappellerai la règlementation en cours. Cette règlementation concerne autant les exploitants agricoles que les particuliers. Il faut respecter les distances par rapport aux talus et aux cours d’eau. Ensuite, je lui conseillerai d’utiliser, selon la surface, une binette ou un désherbeur thermique.
Est-ce utile alors de vous engager dans cette démarche ?
C’est vrai que ça manque de cohérence. Même si cela ne nous pose pas de problème de vendre des produits alternatifs, nous n’avancerons jamais dans le bons sens pour la qualité de l’eau, si la règle n’est pas identique pour tout le monde. Il faut prendre le problème dans sa globalité. Si nous, nous conseillons un produit non chimique alors que les grandes surfaces ne le font pas, nous risquons de perdre notre temps.
Comment réagissent les jardiniers quand vous leur proposez des produits alternatifs ?
Beaucoup sont désormais demandeurs de ces produits. Nous les aidons en les conseillant et en leur distribuant des fiches techniques. Nous leur apportons une réponse par rapport à l’évolution de leurs besoins.
Avoir au moins un vendeur chargé du rayon phytosanitaires ayant suivi une des deux sessions de formation proposées dans le cadre de la charte par les collectivités publiques et les associations.